Livret A en baisse et frais bancaires en hausse : ce qui nous attend en février 2026

Juliette Hisler copywriter
Publié le , mis à jour le par Juliette Hisler - Copywriter finance et assurance

Depuis maintenant un an et demi, la rédaction d’Ymanci recherche, investigue et fouille pour mieux vous informer ! Une fois n’est pas coutume, février 2026 ne passe pas sans son lot de changements pour le budget des Français : baisse du Livret A, hausse des frais bancaires, légère réduction des tarifs d’électricité et autres nouvelles s’entremêlent, entre signaux contradictoires et impacts mesurables sur le quotidien.

Chez Ymanci, tel un « coach » en financement et assurances, nous décryptons ces évolutions pour vous aider à anticiper et optimiser votre portefeuille. Lumière sur ce qui bouge pour vous et vos finances dès février.

Baisse du Livret A : une mauvaise nouvelle pour tout le monde ?

Comme prévu, et notamment en raison du recul de l’inflation, le taux du Livret A est abaissé depuis le 1er février. Son rendement annuel passe de 1,7 % à 1,5 %, selon la décision du ministère de l’Économie, sur recommandation de la Banque de France.

Dans un communiqué, Bercy précise que ce taux reste supérieur à l’inflation (+0,8 % en décembre, hors tabac) et rappelle que le Livret A conserve des avantages importants : sécurité du capital, disponibilité des fonds et exonération d’impôts sur les intérêts.

Un impact limité pour les épargnants

Cette baisse, qui ramène le Livret A à son plus bas niveau depuis 2022, a un effet modéré sur les épargnants. Selon la Banque de France, les détenteurs disposent en moyenne de 7 482 euros sur ce livret.

Avec un taux de 1,7 %, les intérêts annuels s’élèvent à environ 127 euros ; à 1,5 %, le gain tombe à 112 euros, soit une perte de 15 euros par an.

Pour autant, le Livret A reste perçu comme une épargne de précaution privilégiée, facilement mobilisable et sans risque, dans un contexte où 740 milliards d’euros dorment encore sur des comptes courants non rémunérés.

Une évolution favorable aux emprunteurs

Si la mesure déçoit les épargnants, elle profite aux bailleurs sociaux, qui pourront emprunter à un taux plus bas pour financer ou entretenir les logements sociaux. Elle bénéficie également aux banques, dont le coût de financement sera réduit, et, indirectement, à l’ensemble des emprunteurs.

Le gouvernement envoie ainsi un signal favorable à la consommation et à l’investissement, encourageant les ménages à orienter une partie de leur épargne vers des placements plus dynamiques, présentant un potentiel de rendement supérieur.

Les autres livrets réglementés également concernés

La baisse du Livret A entraîne mécaniquement celle du Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), désormais aligné sur le même taux.

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP), réservé aux ménages modestes, baisse lui aussi, mais dans une moindre mesure : son taux passe de 2,7 % à 2,5 %, alors que la formule de calcul aurait pu le faire descendre à 1,9 %.

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Hausse des frais bancaires

Selon une enquête publiée le 15 janvier par l’association de consommateurs CLCV (Consommation, Logement, Cadre de Vie), les tarifs bancaires augmentent en moyenne de 3 % en 2026.

Qui est concerné ?

Tous les profils de clients sont touchés par cette hausse, quel que soit leur établissement bancaire :

  • Les petits utilisateurs, se limitant aux services de base, voient leurs frais augmenter de 2,98 %, pour atteindre en moyenne 71,71 euros par an.
  • Les clients intermédiaires connaissent une hausse moyenne de 3,77 %.
  • Les gros consommateurs de services bancaires (cartes Gold ou équivalentes) voient leurs frais progresser de 3,04 %, pour atteindre environ 221,16 euros par an.

Les raisons avancées par les banques

Les établissements justifient ces hausses par la montée en puissance des services numériques, tels que les virements instantanés ou les outils de conseil en ligne, qui nécessitent des investissements importants.

Ils soulignent également que les frais bancaires ont évolué moins vite que l’inflation ces dernières années et invoquent la nécessité de renforcer les dispositifs de cybersécurité et de protection des données, des domaines particulièrement coûteux.

Nouveaux tarifs d’électricité

Chaque année, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) évalue et propose l’évolution des tarifs réglementés de vente de l’électricité (TRVE), connus sous le nom de « tarif bleu » chez EDF, qui servent de référence sur le marché électrique. Pour une application au 1er février 2026, Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE, a annoncé une proposition de baisse de 0,83 % par rapport aux tarifs en vigueur, transmise au gouvernement pour validation.​

Impact sur la facture

Cette diminution modeste de 0,83 % se traduit par une économie annuelle d’environ 9 euros pour un ménage moyen, selon les calculs de la CRE, illustrant une volonté de stabilité plutôt qu’une réduction spectaculaire.

Afin d’optimiser davantage sa consommation d’électricité, il est conseillé de privilégier les heures creuses. D’après la CRE, dès que plus de 26 % de l’électricité est consommée à ces tarifs, l’impact financier devient positif pour le budget familial.​

Raisons de cette stabilité

L’évolution limitée résulte d’un équilibre entre plusieurs facteurs dans la composante « approvisionnement » : une baisse des coûts d’énergie et des garanties de capacité, contrebalancée par une hausse des frais de commercialisation et des ajustements fiscaux.

Le prix de l’électricité se décompose en trois tiers égaux :

  • un tiers pour l’énergie elle-même (prix du marché de gros en baisse),
  • un tiers pour les réseaux de transport et distribution (stables cette année après une hausse en 2025),
  • un tiers pour les taxes, marquées par des mouvements opposés comme la baisse de la CTA (Contribution Tarifaire d’Acheminement) et l’augmentation des CEE (Certificats d’Économies d’Énergie).​

Qui est concerné ?

Cette baisse ne s’applique qu’aux ménages et petits professionnels abonnés au tarif réglementé d’EDF ou à des offres indexées dessus, représentant une part minoritaire du marché résidentiel.

Les autres consommateurs, sous offres de marché libre, ne sont pas impactés directement par cette décision, mais la CRE encourage à comparer les fournisseurs pour profiter de baisses plus prononcées potentielles via la concurrence.​

Les prix des péages en augmentation

Mauvaise nouvelle pour les vacanciers qui prendront prochainement la route pour profiter des stations de ski ou de quelques jours de repos loin des tracas du boulot. Depuis dimanche 1er février, les prix des péages des autoroutes françaises ont augmenté de 0,86 % en moyenne.

Cette augmentation concerne les tarifs applicables aux véhicules particuliers sur les sept réseaux d’autoroutes concédées en France : APRR, AREA, ASF, Cofiroute, Escota, Sanef, et SAPN.

Des hausses différentes selon les réseaux d’autoroutes

Les augmentations de tarif varient selon le réseau emprunté :

  • Sur le réseau ASF (Autoroutes du Sud de la France), appartenant à Vinci autoroutes, les tarifs évoluent de +0,62 % en moyenne.
  • Dans l’ouest de la France, sur le réseau Cofiroute, les augmentations oscillent entre 1,21 % et 1,41%.
  • Les autoroutes du réseau SAPN (Paris-Normandie) voient, quant à elles, leurs prix croître de +1 % à +1,25 %.

Une augmentation certes, mais modérée

Cette hausse est la plus faible enregistrée depuis 2021, après des hausses de 0,92 % en 2025, 3 % en 2024 et 4,75 % en 2023.

Selon un communiqué du ministère des Transports, elle est « inférieure à l’inflation hors tabac pendant la période de référence concernée (octobre 2024 à octobre 2025) qui est de 0,90 % ».

Hausses et baisses pour les cigarettes

D’après les chiffres publiés par la Direction générale des douanes et des droits indirects (DGDDI), les prix de plusieurs marques de cigarettes ont été révisés au 1er février.

Si certaines références, comme Austin ou Fortuna, affichent une légère baisse, la plupart subissent au contraire une hausse comprise entre 20 et 40 centimes par paquet. Parmi les marques concernées figurent notamment Lucky Strike, Camel, Marlboro, Philip Morris et Gauloises.

Toujours selon la DGDDI, le prix des cigarettes a été multiplié par plus de trois depuis 2000, certains paquets dépassant désormais les 19 euros pour les plus chers.

La fin du financement du permis de conduire avec le CPF

Il ne sera bientôt plus possible de financer son permis de conduire avec son compte CPF, compte personnel de formation. Le projet de loi de finances pour 2026 restreint en effet le recours au compte personnel de formation pour financer son permis de conduire.

Seuls les demandeurs d’emploi et les salariés bénéficiant d’un financement de la part de leur entreprise pourront utiliser leur CPF pour la prise en charge des frais de permis de conduire.

Ces restrictions entreront en vigueur après la promulgation du texte, ce qui pourrait arriver mi-février.

Un changement dans la procédure de remboursement de billets d’avion

Dès le 7 février 2026, les démarches à suivre en cas de litige avec une compagnie aérienne évoluent. Qu’il s’agisse d’un retard, d’une annulation ou d’un refus d’embarquement, il sera désormais obligatoire de passer par une médiation préalable avant de pouvoir saisir la justice.

En cas de problème, les passagers devront donc s’adresser au Médiateur du Tourisme et du Voyage, chargé d’examiner les réclamations et de tenter un règlement à l’amiable.

Si aucun accord n’est trouvé à l’issue de cette médiation, le passager pourra ensuite engager une action en justice, mais uniquement par voie d’assignation (individuelle ou familiale). Cette procédure requiert l’intervention d’un commissaire de justice — ancien huissier — et souvent celle d’un avocat.

Jusqu’à présent, il était possible de saisir directement le tribunal judiciaire par simple requête et sans frais, une option désormais supprimée.

Ce qu'il faut retenir

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